Un compte rendu de Patricia Okenberg

drapeau canadaJWC stutterin Montreal

Je reviens du congrès de l’IFA à Montréal totalement enthousiasmée par ce merveilleux séjour à la fois la qualité des présentations, par l’accueil chaleureux et par ce pays que je ne connaissais pas.

J’y étais avec Elena Bérardi, qui enseigne à mes côtés à Sorbonne Université et c’était une grande chance de pouvoir partager ces moments, et de présenter mon film (Projet bégaiement) avec son soutien indéfectible !

La place apportée à la thérapie « sociale » basée sur l’apprentissage de l’auto-défense et la résilience reste importante en 2022 où plus que jamais on s’interroge sur la notion de « normalité ». On admet maintenant une « neurodiversité ».  L’ acceptation du bégaiement n’est plus uniquement proposée aux patients appelés « clients » par les orthophonistes Canadiens du Québec, mais aussi aux interlocuteurs des personnes qui bégaient.

Ce qui est très intéressant aux congrès de l’IFA, ce sont les interventions de personnes qui bégaient qui ne font pas de recherches, mais qui interviennent pour apporter leurs témoignages et qui nous touchent beaucoup.

Ainsi Jozé Piranian, pqb, Canada (Overcoming Stuttering Through the lens of Inclusion and Resilience) a ouvert le congrès avec une communication concernant sa propre expérience qui consiste à s’exposer le plus possible. Il aborde des inconnus dans la rue, se présente et parle s’il le peut du bégaiement.

Mark Baer, pqb, Etats-Unis, (Stutter Proudly : Raising Awarness and Reducing Stigma through Art) a fait une communication sur sa manière de devenir résilient en fabriquant des T-Shirt et autres badges qu’il porte toujours, avec l’inscription Stutter Proudly, poussant ces auditeurs à lui poser des questions sur son bégaiement. C’est une démarche artistique et créative, il crée ses logos.

Parmi les recherches qui m’ont particulièrement intéressée, il y a eu celle de Michael Susca, Etats-Unis, (Programme DID IT) ancien bègue, il présente des échelles d’autoévaluation dont le score moyen correspond à la manière habituelle de parler du patient et non pas à une norme en pourcentage de disfluence qui ne correspond pas à la réalité du patient.

Michael Boyle  (Etats-Unis) et son collègue Rodney Gabel  (Etats-Unis) (ils bégaient tous les deux) (Openess about stuttering) qui nous prouvent que les gens qui annoncent leur bégaiement augmentent leur qualité de vie.

Geneviève Lamoureux et Judith Bonté, Canada (noms de famille tellement canadiens !) (one world, many languages), ont présenté leur traduction de "I I I am a podcast" en "je … je… je suis un podcast" elles voudraient avoir des auditeurs francophones et dans un si grand pays leurs audiences sont déjà incroyables. J’ai fait écouter à mes patients et l’accent canadien est délicieux. Judith est orthophoniste et Geneviève est en train de finir son master et elle bégaie. Je suis allée leur dire que lors de la projection de mon film à Bruxelles un spectateur avait su que je passais un film à l’ULB car il avait commencé par aller sur leur podcast qui est sur le site de l’APB Belgique.

Marie-Christine Franken, Pays-Bas, (Long term outcomes) a fait le point sur sa recherche qui continue concernant la comparaison du Lidcombe Program et du DCM restart.

Thales Nardo (chercheur qui bégaie), États-Unis (Listerners perceptions of stuttering modifications techniques) nous a parlé de l’impact psychosocial de l’utilisation de techniques de fluence par les pqb. Les résultats de sa recherche montre que les auditeurs connaissent mieux le bégaiement que les techniques de fluence auxquelles ils ne sont pas familiarisés. Ainsi une personne qui bégaie sera perçue de façon plus positive qu’une personne qui utilise des techniques de fluence de façon peu naturelle.

Selma Saad Merouwe,Liban, (Identification of stuttering in bilingual Lebanese children) doctorante dirigée par Kurt Eggers a parlé de bilinguisme et bégaiement. C’est une recherche qui s’intéresse à  l’aspect moteur et linguistique des sujets bilingues qui bégaient.

Marion Valat, France, (the 2G2A), a parlé de la recherche française dirigée par Marine Pendeliau, France sur les mouvements de grandes amplitudes.

Anne Moïse, Canada, travaille avec Anne-Lise Leclerc, Belgique, (Virtual reality) sur un programme de réalité virtuelle pour entraîner les adolescents qui bégaient

Je ne peux pas parler de toutes les présentations car il y en a eu trop, il faut que je fasse le tri, les traductions de mes prises de notes étranges et bilingues parfois… ce sera pour une prochaine fois.

Soo-Eun Chang et Scott Yaruss ont été chacun récompensés pour leurs travaux respectifs qui apportent depuis plusieurs années un éclairage sur l’aspect neurologique du bégaiement pour Chang et sur la qualité de vie des pqb pour Yaruss.

Pour finir je dirai que nous avons été particulièrement bien accueillies par le président de l’IFA, l’inspirant Kurt Eggers (Belgique) qui nous a mises à l’aise, nous a parlé en français, et a pris des nouvelles de la France et de l’APB Belgique.

Kurt est un chercheur qui nous enchante avec des recherches sur le tempérament des enfants qui bégaient nous conduisant déjà depuis longtemps à travailler la désensibilisation qui permet bien sûr d’améliorer la résilience de nos petits patients.

La boucle est bouclée, il ne reste plus qu’à inviter Kurt à Bruxelles !
P. Oksenberg  Patricia Oksenberg, France


 

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